Les fragments issus de la fission acquièrent un mouvement de rotation sur eux même, le spin tandisque le noyau parent n'en avait pas. © Birdeesign / Luc Petizon

Nouvelles perspectives sur le mécanisme de la fission nucléaire

La collaboration internationale nu-Ball, travaillant sur l'installation ALTO du laboratoire IJCLab, apporte de nouveaux résultats éclairant la manière dont les fragments de fission d’un noyau atomique acquièrent spontanément un mouvement de rotation sur eux même : le moment angulaire. Cette étude à laquelle sont associés 6 laboratoires de l’ IN2P3, dont le GANIL (CNRS/CEA) et le LPC (Laboratoire de physique corpusculaire de Caen - CNRS/ENSICAEN/UNICAEN), fait l’objet d’une publication ce jour dans la revue Nature.

La fission nucléaire, dans laquelle un noyau lourd se scinde en deux et libère de l'énergie, est connue depuis plus de 80 ans. Cependant, aujourd’hui encore, des questions restent ouvertes sur le phénomène. Les scientifiques se demandent notamment comment expliquer que lorsqu'un noyau atomique lourd fissionne, les fragments qui en résultent possèdent un moment angulaire (ils tournent sur eux-mêmes), tandis que le noyau original n’en a pas du tout. Ce phénomène, extrêmement complexe à observer, est au cœur d’une nouvelle étude menée par la collaboration internationale nu-Ball1 dirigée par le Laboratoire Irène-Joliot-Curie (IJCLab) à Orsay. Ses résultats paraissent aujourd’hui dans l'article « Angular momentum generation in nuclear fission » publié dans la revue Nature.